Examen monoculaire

 

 

1       Recherche de la sphère la plus convexe

Sur le réfracteur ou sur la lunette d’essai, on place la compensation du sujet. On le brouille d’environ 1 dioptrie s’il est jeune ou de 0,5 dioptrie s’il est âgé de plus de 55 ans (attention dans l’examen préliminaire, on a pu constater si la compensation portée est la plus convexe, si ce n’est pas le cas on sera amené à brouiller un peu plus).

On présente au sujet le tableau d’acuité, celle-ci a alors nettement chuté, on débrouille par 0,25 jusqu’à obtenir la meilleure acuité possible pour l’œil étudié. On note cette acuité.

A partir de la valeur de l’acuité obtenue, on a une idée de la compensation de l’astigmatisme du sujet. Si l’acuité est égale ou supérieure à 10/10, les modifications que l’on apportera à la compensation astigmate portée seront faibles (peu de variation de l’axe) et variation au maximum de 0,25 de la puissance.

Pourquoi brouiller avant de débuter ? En myopisant le sujet, on cherche à lui faire relâcher son accommodation en vision de loin.

2       Vérification de la compensation astigmate

La meilleure méthode est celle qui utilise les cylindres croisés par retournement. On présente au sujet une ligne d’acuité un peu inférieure à l’acuité obtenue après recherche de la sphère ou le nuage de points.

2.1       Vérification de l’axe :

·         On place le manche des cylindres croisés dans l’axe de la compensation en cylindre négatif. On indique au sujet que l’on va modifier ce qu’il a devant les yeux en retournant les cylindres croisés. On lui demande de nous indiquer s’il voit plus nette la ligne de lettres dans la position 1 ou la position 2.

·         En fonction de sa réponse :

o        Il voit la ligne de façon identique dans les deux positions : l’axe de la compensation portée est l’axe exact.

o        Il préfère l’une des positions : on tourne l’axe de la compensation portée et l’axe des cylindres croisés d’environ 5° vers l’axe du cylindre croisé négatif dans la position de meilleure acuité.

·         On recommence jusqu’à obtenir une égalité de vision dans les deux positions.

 

2.2       Vérification de la puissance :

·         On bascule le manche des cylindres croisés de 45° pour que l’un de leurs méridiens soit dans l’axe de la compensation. Si l’on avait choisi le nuage de points pour vérifier l’axe, pour ma part je préfère la ligne d’acuité pour vérifier la puissance.

·         On demande au sujet s’il voit mieux dans la position 1 ou dans la position 2 lors du basculement.

o        Il voit de façon identique : la puissance du cylindre est correcte

o        Il préfère une position : si elle correspond à celle du méridien négatif des CC, on ajoute -0,25 d au cylindre, si c’est l’autre position on retranche -0,25 d.

o        On recommence l’opération. Il arrive fréquemment que le sujet préfère une position puis au second essai demande à revenir à la valeur initiale. On peut alors lui demander s’il y a un cas ou la différence de vision est plus importante que dans l’autre cas ou simplement choisir de rester sur la compensation portée s’il n’y avait pas de plainte.

Pour la justification de l’utilisation des cylindres croisés voir le cours d’optométrie : vérification à l’aide des cylindres croisés

2.3       Réajustement de la sphère :

Si on a modifié la puissance du cylindre, il faut réajuster la sphère pour retrouver la sphère la plus convexe donnant la meilleure acuité.

En effet, si l’astigmatisme était mal compensé, le sujet a choisi la sphère qui amenait la tache optimale sur sa rétine. Après compensation totale de l’astigmatisme qui rend l’œil sphérique, l’image du point éloigné occupe une position différente de celle de la tache optimale ( en pratique, si l’on ajoute -0,50 de cylindre, il faut diminuer la sphère de 0,25).

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