CORRIGE DU DEVOIR 5
1 - Le sujet se plaint de maux de tête, de voir quelquefois flou et d'avoir tendance à fermer un œil aussi bien en vision de près qu'en vision de loin. Ce dernier symptôme nous fait penser à un problème de vision binoculaire. Comme en plus, notre client nous indique que ces gênes sont apparues avec sa dernière paire de lunettes, le problème binoculaire peut provenir:
2 - Pour les deux yeux, l'acuité VP est de
12/10.
Avec l'œil droit, les acuités de loin et de
près sont identiques et le sujet voit le Parent uniforme au loin et au près.
Cet œil est donc emmétropisé ou en situation légèrement hypéropique avec
sa compensation. S'il reste un astigmatisme il est faible.
Avec l'œil gauche, l'acuité de loin 9/10 est
sensiblement inférieure à l'acuité de près et le Parent est vu uniforme au
loin et au près. Cet œil avec sa compensation doit se trouver en situation
myopique d'environ 0,25 d (règle de Swaine).
Avec les compensations qu'il porte, on
constate que l'équilibre bioculaire du sujet n'est pas réalisé (0,75 d)
ce qui peut
expliquer la faiblesse de l'acuité binoculaire en VL et les gênes du sujet.
3 - Les compensations trouvées sont bien en
accord avec nos conclusions précédentes et nous constatons que l'œil droit
avec son verre de - 6,00 était en situation hypéropique de 0,50 d
. L'équilibre bioculaire n'était pas du tout réalisé et le couple oculaire
avec son ancienne compensation se retrouve avec une anisométropie de 0,75 ce
qui perturbe sa vision binoculaire. Les deux images rétiniennes ne peuvent
être simultanément de bonne qualité car en vision binoculaire,
l'accommodation mise en jeu par les deux yeux est identique. Le processus de
fusion est donc perturbé et cela peut créer les gênes décrites par le sujet.
Il est quand même préférable de vérifier
l'équilibre oculomoteur du sujet compte tenu de la formulation de ses plaintes.
4.1 - Les cylindres de Maddox ont une
puissance positive de quelques centaines de dioptries. En les plaçant devant l'œil,
ils créent un très fort astigmatisme. Le conjugué du point lumineux dans le
méridien de l'axe se trouve toujours sur la rétine (puissance nulle du
cylindre dans le méridien de son axe). L'image rétinienne du point lumineux
sera donc la focale perpendiculaire à l'axe. Pour voir la droite rouge
horizontale, il faut donc placer l'axe des cylindres verticalement.
La droite rouge horizontale étant vue sur le
point blanc, le sujet est orthophore dans le plan vertical.
4.2 - Quand on place les Maddox, axe horizontal, on veut mettre en évidence les phories dans le plan horizontal.
Le couple oculaire, en position dissociée, diverge trop. Le sujet a donc une exophorie de 4 D (déviation de 20 cm à 5 m).
5.1 - Comme on n'en avait émis l'hypothèse dans la première question, ce sujet n'a pas de déséquilibre oculomoteur propre. En effet, avec ses compensations bien centrées, dans le plan vertical il est orthophore et dans le plan horizontal il n'est exophore que de 4 D (ce qui est proche de la moyenne statistique X = 1 D ). S'il y avait un problème oculomoteur, il serait du à un mauvais centrage des verres de lunettes. Il est bon de s'assurer de leur montage avant de porter un diagnostic définitif sur les gênes de ce client.
Avec le Maddox axe vertical, on recherche la phorie dans le
plan vertical. Dans ce plan le décentrement du verre gauche induit un effet
prismatique de 6 ´ 0,3 = 1,8 D
base supérieure (verres concaves).
Œil cyclope de ce couple dans le plan vertical:
Avec ses lunettes, le sujet répondra donc
qu'il voit la droite rouge au dessus du point blanc. Il répondra donc comme
un hyperphore G/D de 1,8 D .Quand le Maddox est
placé axe horizontal, on met en évidence la phorie horizontale. Avec ses
lunettes, le verre gauche est décentré de 3 mm vers la tempe. Il crée donc
un effet prismatique de 6 ´ 0,3 = 1,8 D
base temporale (verres concaves). Le sujet a une exophorie de 4 D
, avec cet effet prismatique, il répondra comme s'il avait une exophorie de 4,8 D car le prisme est placé base temporale alors
qu'il faut un prisme base nasale pour réaligner un exophore.
L'exophorie de 5,8 D doit être facilement
compensée par le client ce qui n'est probablement pas le cas de l'hyperphorie
induite. Les gênes de notre client avaient donc deux causes qui perturbaient
sa vision binoculaire: un mauvais équilibre bioculaire et une hyperphorie
induite par un mauvais centrage des verres.
5.3 - Il est donc indispensable de modifier les lunettes que porte ce client pour lui redonner une vision confortable. Il faudra mettre les verres trouvés lors de la vérification de sa compensation OD: - 5,50 d OG: - 6,25 d et prendre soin de les centrer parfaitement dans le plan vertical pour éviter toute hyperphorie induite.