1. Œil droit: Avec ses lunettes, ses acuités de loin et de près sont identiques et l'ajout du -0,25 ne modifie pas l'acuité de loin. La sphère portée n'est donc trop convexe. L'ajout du verre + 0,25 ne modifie pas l'acuité. La sphère portée n'est pas la plus convexe ce qui semble normal. La sphère portée semble correcte.  L'acuité peut être limitée par l'astigmatisme résiduel car le sujet répond au cadran de Parent. Cet astigmatisme résiduel serait de l'ordre de 1 d d'axe à 0 ou 90°. Mais le sujet peut aussi présenter une amblyopie légère pour cet œil droit.

Œil gauche: Avec ses lunettes, ses acuités de loin et de près sont bonnes, l'ajout de verres +0,25 ou -0,25 ne modifie pas l'acuité de loin et il ne répond pas au test de Parent. On peut donc considérer qu'il est bien compensé pour cet œil.

Vision binoculaire: Les acuités obtenues en vision binoculaire sont celles de l'œil gauche. Les problèmes qu'il ressent peuvent être dus à la mauvaise compensation de l'œil droit ou à un problème d'origine motrice puisqu'il a tendance à voir les objets dédoublés.

2.1) Le trou sténopéïque placé devant l'œil droit ne fait pas augmenter l'acuité du sujet. Cette acuité n'est donc pas limitée par une tache de diffusion due à une mauvaise mise au point ou à un astigmatisme résiduel. Cet œil présente une amblyopie légère.

2.2) Principe du trou sténopéïque:

Considérons le cas d'un œil dont la mise au point n'est pas parfaite.

En rouge figure les limites du faisceau entrant dans l'œil en situation habituelle et en bleu les limites lorsque le trou sténopéïque est placé devant cet œil. La tache de diffusion a un diamètre (marqué en rouge sur R') sans trou et en bleu avec trou. On constate que l'introduction du trou sténopéïque qui crée une pupille d'entrée artificielle diminue les dimensions de la tache de diffusion, l'acuité augmente donc dans ce cas (critère de lisibilité de Swaine).

Lorsque la mise au point est correcte, le point T' est sur la rétine et la présence du trou sténopéïque ne fait que limiter la quantité de lumière entrant dans l'œil.

3.l) Avec le test de l'équilibre bioculaire on recherche à obtenir une mise au point identique pour les deux yeux en fonctionnement binoculaire.

3.2) Ce sujet a une acuité différente pour les deux yeux. Il faut donc utiliser pour l'équilibre bioculaire un test ne faisant pas appel à des capacités de lecture ni à une comparaison de netteté entre les deux yeux. Avec ces tests, on pénaliserait l'œil gauche qui est le meilleur. On choisit donc le test rouge vert polarisé ou un test rouge vert avec les prismes de Von Graefe.

4.1) Le sujet est ésophore de 4 D . Les lignes de regard dissocié du couple se croisent donc dans le plan horizontal.

Vue de dessus du couple oculaire

Schéma de l'œil cyclope

Le sujet répondra donc qu'il voit le point rouge (vu par l'œil droit) situé à droite du point blanc (vu par l'œil gauche). Comme il est ésophore de 4 D , la distance entre les deux extériorisations sera de 20 cm.

4.2 ) La nouvelle compensation du sujet est moins concave que l'ancienne de 0,50 d . Il doit donc pour voir net au loin accommoder moins fortement avec sa nouvelle compensation. Cette diminution de l'accommodation mise en jeu entraîne une diminution de la convergence accommodative (liaison accommodation convergence). L'ésophorie relevée avec la nouvelle compensation doit donc être moins importante que celle que l'on aurait mesurée avec l'ancienne.

4.3.1) Le sujet est hyperphorique droite sur gauche de 2 D en VL. La ligne de regard dissocié de l'œil droit se trouve donc au dessus de la ligne de regard dissocié de l'œil gauche.

Schémas du couple oculaire:

Schéma de l'œil cyclope:

Le sujet verra donc le point rouge au dessous du point lumineux blanc. La distance entre les deux extériorisations sera de 10 cm.

4.3.2) Le sujet, regardant le test de Mallett, ne compense que la moitié de son hyperphorie. Il reste donc une hyperdisparité droite sur gauche de 1 D . Il verra le rond central simple et les deux éléments de disparité décalés. Celui vu par l'œil droit sera plus bas que celui vu par l'œil gauche 

4.3.3) Comme avec le test de Mallett, son hyperphorie résiduelle est de 1 D , on mettra pour résoudre son problème d'hyperphorie un prisme de 1 D base inférieure devant l'œil droit.

(Le texte ne semble pas exiger de schéma justifiant le prisme base supérieure: je le mets à titre indicatif.

Schéma du couple regardant le Mallett de près avec prisme de réalignement)

Dans le méridien vertical, la puissance du verre droit est de 9 d . Pour réaliser un effet prismatique de 1D , il faut donc décentrer le verre de 1/9 = 0,1cm (règle de Prentice).

Pour avoir un effet base inférieure sur l'œil droit, il faudra décentrer le verre vers le haut.

5.1.1) Q'D et Q'G sont les centres de rotation vrais des yeux et QD et QG les centres de rotation apparents.

Schéma du couple oculaire dans le plan horizontal:

5.1.2) Calcul de l'accommodation nécessaire.

Position de l'image intermédiaire: On considère les projections sur l'axe optique du verre.

Réfraction de l'œil gauche ou de l'œil droit dans le méridien horizontal:

Calcul de l'accommodation théorique:

5.1.3) Calcul de la convergence requise

5.1.4) Les mesures de l'accommodation nécessaire en dioptries et la convergence en a.m sont très voisines, le sujet aura donc une liaison accommodation convergence normale.

5.2.1) Systèmes de contact

œil droit

méridien à 0°

méridien à 90°

-7,93 (-0,77)90°

œil gauche

-8,70 d

5.2.2) Si on considère les lentilles placées en H, les yeux se comportent comme des yeux emmétropes. L'accommodation nécessaire pour voir à 40 cm est alors de 2,50 d . La convergence est  maintenant de 2,5 a.m. La relation accommodation convergence est donc normale.

6.1) Avec la lentille supposée en H, l'œil se comporte comme un œil emmétrope et donne donc d'un objet AB éloigné une image A'B'le.

Avec le verre, nous avons la chaîne d'images:

On constate que l'image rétinienne d'un objet donné est plus grande lorsque le sujet est équipé en lentilles. L'acuité mesure la capacité de discrimination du système visuel donc la plus petite image rétinienne séparable. L'objet donnant cet image sera donc plus petit avec les lentilles qu'avec les lunettes. Il pourra donc voir des optotypes plus petits.

Calcul du grossissement du au verre:

- Taille de l'image rétinienne avec le verre de lunettes

Avec les lentilles, l'image rétinienne aura une taille y'le=uL/R'.

On constate donc que le verre introduit un grossissement inférieur à 1:

Quand on passe du verre aux lentilles, l'image rétinienne devient 13% plus grande. L'œil gauche aura probablement une acuité de 14/10.

6.2) TL point de l'objet situé à sa distance de travail 40 cm. Avec ses lentilles, l'accommodation nécessaire pour voir le test net est de 2,5 d (lentilles supposées en H). Il pourra voir net à cette distance mais un travail prolongé le fatiguera puisque son accommodation restante est inférieure à 5 d .

L'accommodation apparente pour l'œil portant l'addition est donc alors:

Pour que la vision prolongée au près soit confortable, l'accommodation apparente nécessaire doit être inférieure à la moitié de l'accommodation restante.

On choisit la plus petite valeur de l'addition. On lui proposera donc une addition de 1 d .

6.3) Le sujet étant presbyte, il lui faut une addition au près. On pourrait lui proposer des lentilles progressives mais cet équipement ne sera sans doute pas satisfaisant pour cette personne qui est comptable et qui a besoin d'une vision de près précise. Il lui faut donc porter des lunettes pour son travail au près.

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