le seuil absolu

Cette étude dépasse le niveau requis au BTS OL. Elle doit être prise comme une information permettant de comprendre la complexité des mécanismes de la vision. 

L'étude de ce seuil absolu pose de redoutables problèmes de méthodologie car les résultats obtenus dépendent des conditions expérimentales. En faisant varier celles-ci, on met en évidence différents aspects du fonctionnement rétino-cortical.

  1. Le problème du seuil absolu
  2. Ce seuil absolu dépend de nombreux facteurs:

  3. Mesures du seuil absolu
  4. Les valeurs que l'on va obtenir dépendent du type d'expérience effectué, de l'adaptation de la rétine du sujet et bien sûr de la zone rétinienne stimulée. Les mesures sont faites en général en vision périfovéale car les bâtonnets sont plus sensibles et après adaptation à l'obscurité.

  5. Adaptations de la rétine
    1. Adaptation à la lumière
    2. On peut constater que les contrastes et les apparences d'objets restent constants malgré des variations de niveau de luminance très importants (de l'ordre de 1010). Ce phénomène s'explique par l'effet d'intensité dans l'adaptation à la lumière: la plus petite variation de luminance perçue est proportionnelle à la variation de l'intensité moyenne. Si l'on voulait être plus précis, il faudrait remarquer que cette courbe comporte en fait deux parties: une correspondant à l'adaptation des bâtonnets suivie pour les luminances plus fortes d'une correspondant à l'adaptation des cônes. Ce phénomène est rapide comme on peut tous le constater l'été lorsqu'on sort d'une pièce peu éclairée.
      Cette adaptation à la lumière est un processus nerveux.

    3. Adaptation à l'obscurité
    4. Il s'agit d'un processus beaucoup plus lent qui accompagne le séjour prolongé d'un œil à l'obscurité.
      Une expérience classique consiste à exposer le sujet 3 minutes à la lumière blanche. Au temps 0, la lumière est éteinte, le sujet fixe un point rouge et l'on détermine chaque minute le seuil absolu pour un stimulus de référence de 3° d'ouverture, à 7° d'excentricité, de longueur d'onde 460 nm et de 0,2 s de durée.

      On constate que le seuil décroit d'abord rapidement entre 0 et 7 minutes, pendant cette période, le stimulus conserve une qualité chromatique (bleue violette). Au delà, une nouvelle baisse s'amorce qui dure jusqu'à 25 minutes environ mais pendant cette période, le sujet ne perçoit plus de sensation colorée.
      La première phase correspond à une augmentation de 500 fois de la sensibilité (variation de 2,7 du log) alors que la variation totale entre 0 et 25 minutes correspond à une amélioration de la sensibilité d'un facteur 10000 (4 unités log). La première phase correspond bien sur à l'adaptation des cônes (processus rapide mais limité) alors que la seconde correspond à l'adaptation des bâtonnets (processus plus lent mais plus profond).
      De nombreuses études ont montré que cette adaptation était le résultat de deux mécanismes: le premier photochimique lié au taux de rhodopsine (le seuil des bâtonnets diminue quand leur taux de rhodopsine augmente) et le second nerveux post-récepteurs dont le mécanisme n'est pas élucidé.

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