RECHERCHE DE LA SPHERE DE MEILLEURE ACUITE

 

Le verre compensateur théorique de l’amétropie, placé devant l’œil, permet au sujet de voir net à l’infini sans accommoder. Si le sujet est amétrope sphérique, ce verre sera sphérique ; dans le cas où le sujet est astigmate, le verre sera sphérocylindrique.

Pour déterminer ce verre compensateur, il va donc falloir placer le sujet dans une situation telle qu’il relâche au maximum son accommodation. On souhaite bien sur qu’il la relâche totalement. Une méthode subjective permettant d’atteindre ce résultat est la méthode du brouillard. Il y a d’autres méthodes possibles : méthode objective de détermination (skiascopie) suivie d’une vérification et aussi plusieurs autres méthodes subjectives.

  1. Méthode du brouillard
    1. Principe :
    2. On opère en monoculaire. Pour que l’accommodation du patient ne soit plus stimulée, celui-ci doit se trouver en situation myopique. On " brouille la vision du sujet " en plaçant devant son œil la sphère la plus convexe (la moins concave) qui lui laisse une acuité de 1/10 .

      Exemple : L’amétropie de l’œil a été estimée lors de l’examen préliminaire.

      Le sujet se trouve alors en situation myopique et son accommodation n’est plus stimulée.

      Le sujet fixe un optotype éloigné ; lorsque l’on diminue la puissance de la sphère placée devant l’œil :

       

       

       

       

       

       

       

      -pour l’amétrope sphérique l’image T’ du point de fixation T se rapproche de la rétine R’ ;

      -pour l’astigmate, le cercle de moindre diffusion se rapproche de R’.

      Dans les deux cas, les dimensions de la pseudo image de T vont diminuer et l’acuité doit augmenter. Pour un œil sphérique ou faiblement astigmate (respectant la règle de Swaine), pour chaque diminution de 0,25 d , l’acuité devra augmenter d’un échelon sur l’échelle des inverses.

      On va donc diminuer la sphère jusqu'à l’obtention d’une acuité maximale. Avec cette sphère D0, l’ajout de 0,25 d doit entraîner une diminution de l’acuité et avec - 0,25 d l’acuité doit rester la même. Cette sphère D0 est appelée la sphère de meilleure acuité et l’acuité obtenue est notée V0.

      Dans le cas d’un œil amétrope sphérique, cette acuité V0 est l’acuité morphoscopique du sujet. Pour un astigmate, avec sa sphère de meilleure acuité, la tache optimale est sur la rétine et son acuité n'est limitée que par son astigmatisme. La connaissance de V0 permettra donc de faire une prévision sur l’astigmatisme prévisible du patient.

    3. Technique pratique :
    4. Cette méthode peut être pratiquée avec la lunette d’essai ou avec le réfracteur. Il est bien évident que la seconde solution est la plus pratique.

      Cette méthode est relativement longue et il faut arriver à limiter au maximum sa durée tout en conservant une procédure fiable. Ceci ne peut être fait qu’en possédant parfaitement le maniement du réfracteur et de la télécommande du projecteur de test.

      Cette méthode est une méthode subjective, donc basée uniquement sur les réponses du patient. Il est donc nécessaire de poser très correctement les questions, savoir les reformuler différemment si elles n’ont pas été parfaitement comprises ( en particulier quand vous demandez de lire les lettres, il faut préciser qu’il s’agit de déchiffrer et non d’attendre qu’elles soient nettes). Il faut aussi éviter de suggérer les réponses, de porter un jugement sur les performances obtenues ce qui risque de stresser le patient et donc de déclencher des modifications de l’accommodation. Quand vous présentez le tableau d’acuité, précisez toujours quelle ligne vous souhaitez que le patient lise. Toutes les lettres d’une ligne ne sont pas reconnues aussi facilement (voir cours de première année), on considère que l’acuité est obtenue si au moins la ½ des lettres ont été correctement reconnues.

      Vous recherchez la sphère la plus convexe donnant la meilleure acuité. Vos questions ne doivent donc chercher qu’a évaluer l’acuité obtenue. Celles du type " Est-ce mieux comme ça ? " doivent être totalement bannies. Nous verrons plus tard que le meilleur confort de vision ne correspond pas nécessairement à la sphère de meilleure acuité.

  2. Vérification de la sphère de meilleure acuité
  3. La vérification de la sphère S se fait à l’aide d’un face ± 0,25 ou sur le réfracteur en ajoutant ou retranchant 0,25 d à la sphère portée.

    On vérifie l’acuité V du sujet. On augmente la puissance de la sphère de + 0,25 et on lui demande s’il lit toujours la même ligne d’acuité.
    - Si la réponse est positive, la sphère qu’il portait n’était pas la sphère la plus convexe donnant la meilleure acuité. On l’augmente de 0,25 et on recommence.
    - Si l’acuité a chuté, on place alors devant l’œil S - 0,25.
    - Si l’acuité obtenue est égale à celle du début V, S est la sphère la plus convexe donnant la meilleure acuité.
      Si l’acuité obtenue est supérieure à V. On diminue de nouveau la sphère de 0,25 et on recommence.

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