equilibre bioculaire

 

 

1 - BUT

2 - la methode de von graefe
        1 -
Etude de la dissociation
        2 - Déroulement du test

3 - les lignes de lettres polarisées

4 - OCCLUSION ALTERNEE

5 - LES TESTS DUOCHROMES
        1 - D
escription
        2 - Mode opératoire
        3 - Remarques
        4 - Principe des tests bichrome

 

 

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  1. BUT
  2. Lors de la réfraction monoculaire, il est possible qu’un œil n’ait pas eu le même degré de relâchement accommodatif que l’autre, puisque les deux yeux ont été testés à des moments différents. Lors de la vision binoculaire, les deux yeux ont la même accommodation. Dans le cas précédent, la mise au point ne pourra être exacte simultanément pour les deux yeux. Les deux images rétiniennes n’auront pas la même qualité et la fusion des deux perceptions risque d’être perturbée.
    Il est donc nécessaire de chercher à égaliser au mieux la mise au point pour les deux yeux fonctionnant ensemble pour donner la même " qualité " aux deux perceptions rétiniennes ( il ne s’agit pas nécessairement d’égaliser les acuités visuelles ).
    Nous voulons donc que les deux yeux fonctionnent simultanément et pouvoir comparer les perceptions des deux yeux. Il va donc falloir placer devant le couple oculaire un système dissociateur. Ce couple a alors une vision bioculaire (vision simultanée et images droite et gauche différentes).

    Les méthodes de séparation utilisées seront:

    - l’occlusion alternée : dans ce cas la vision n’est pas rigoureusement bioculaire mais on admet que l’accommodation reste la même si l’alternance des occlusions est assez rapide.
    - la méthode de Von Graefe, dissociation par prismes verticaux. Cette dissociation est d’origine motrice: le couple oculaire ne peut fournir l’effort d’alignement exigé par l’interposition des prismes, il prend une position dissociée. Elle est utilisée habituellement avec une ligne de lettres mais peut aussi l'être avec un test rouge vert.
    - la dissociation par polariseurs, cette dissociation est d’origine sensorielle puisque les images rétiniennes droite et gauche seront différentes. Cette dissociation peut être utilisée avec deux lignes de lettres ou avec un test duochrome.

  3. la methode de von graefe
  4. On part du principe que si les deux yeux avaient le même état accommodatif lors de l’examen monoculaire, ils devront percevoir le même degré de flou en bioculaire lorsqu’on brouille la vision en rajoutant la même quantité de convexe aux deux yeux.
    On brouille donc les deux yeux d’une même quantité (en général + 0,50 ) pour obtenir un léger flou. Par exemple pour un sujet ayant une acuité de 12/10, 10/10 doit être flou mais 8/10 peut être lue. On présente une ligne horizontale de lettres correspondant à cette acuité.

    1. Etude de la dissociation
    2. On place devant l’œil droit un prisme 3 D base en bas et devant l’œil gauche un prisme de 3 D base en haut. En effet, nous voulons comparer la qualité de mise au point simultanée par les deux yeux, il faut donc que le trajet des rayons lumineux provenant de l’objet en dehors de l'œil soit identique. Si l’on plaçait uniquement un prisme de 6 D devant un œil, cela dégraderait légèrement l’image perçue par cet œil car le prisme n’est pas parfaitement stigmatique et absorbe un peu de lumière. Cette dissymétrie entre les deux yeux risquerait de fausser le résultat.

      Pour expliquer cette dissociation motrice, nous allons faire le schéma du couple oculaire regardant un point M lorsque les deux prismes à base verticale sont placés. Nous avons vu en optique géométrique qu’un prisme dévie les rayons lumineux vers sa base d’un angle D (déviation du prisme) mesuré généralement en optométrie en dioptries prismatiques (D ).

      Deux types de schémas sont possibles :

      • un schéma en perspective
      • un schéma regroupant la marche du faisceau lumineux dans un plan vertical contenant le point M et le centre de l'œil droit et un schéma du plan vertical contenant M et le centre de l'œil gauche.

      Après ces deux schémas, celui de l'œil cyclope est nécessaire pour expliquer l’extériorisation du sujet.

      Premier type de schéma : Schéma en perspective 

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

      Pour que le couple oculaire continue à voir le point M unique, il faudrait que l'œil droit s’élève de 3D pour ramener la fovéa droite sur M’D et l'œil gauche s’abaisse de 3D pour ramener la fovéa gauche sur M’G. Le couple oculaire ne peut pas faire un tel effort qui dépasse les possibilités dans le plan vertical. L'œil directeur placera sa fovéa sur l’image de M entraînant une rotation identique de l’autre œil. Le couple oculaire prend la position de regard dissocié qui correspond à l’effort minimal puisqu’il ne peut plus voir simple. Il y aura donc diplopie dans le plan vertical. Il extériorisera deux lignes de lettres: celle du haut vue par l’œil droit, celle du bas par l’œil gauche comme le montre le schéma de l'œil cyclope.

       

       

       

      Seconde méthode : représentation dans des plans verticaux

      Il suffit de reprendre ensuite le schéma de l'œil cyclope dans le plan vertical et de conclure comme avec la précédente méthode.

       

    3. Déroulement du test
    4. On demande au sujet:
      " Les lettres sont-elles plus nettes sur la ligne du haut ou la ligne du bas ou la netteté est-elle le même? "
      Si les deux lignes sont perçues également floues, l’équilibre bioculaire est réalisé.

       

      F’C: foyer de l’œil compensé par la sphère déterminée lors de l’examen monoculaire.
      F’C + 0,50: foyer de l’œil compensé par la sphère et brouillé de 0,50
      Les deux yeux sont donc brouillés de la même quantité ( les deux taches de diffusion d’un point objet éloigné ont la même dimension). Les deux yeux avaient donc le même relâchement accommodatif lors de l’examen monoculaire.
      Les sphères portées ne vont donc pas être modifiées.

      Une des lignes est perçue plus floue que l’autre, l’équilibre bioculaire n’est pas correct.
      Nous supposons que la ligne du haut est vue plus floue que la ligne du bas. La tache de diffusion d’un point éloigné est plus grande pour l’œil droit. Celui-ci est donc plus brouillé que l’œil gauche (F’c +0,5 est plus éloigné de la rétine pour l’œil droit que pour l’œil gauche).
      Lors de l’examen monoculaire, l’OG n’avait pas relâché son accommodation totalement. La sphère DG trouvée est donc trop concave. En vision bioculaire, le couple met en jeu une accommodation identique pour les deux yeux qui se trouve être inférieure à celle qu’avait l’œil gauche lors de l’examen monoculaire. L’image M’ donnée par l’œil gauche compensé et brouillé se trouvera donc plus proche de la rétine que celle donnée par l’œil droit. La tache de diffusion de chaque point de la lettre sera donc plus petite pour l’œil gauche et l’optotype sera vu plus net.
      Pour réaliser l’équilibre bioculaire, il faut ajouter + 0,25 devant l’œil qui voit le plus net.
      On repose alors la question précédente jusqu’à obtention de l’égalité.

      Remarques:
      a) Cette méthode n’est fiable que si l’acuité des deux yeux est sensiblement la même.
      b) S’il n’y a pas d’égalité possible: inversion du flou lorsqu’on ajoute +0,25.
      Il est conseillé:
      - de favoriser l’œil dominant,
      - de choisir la valeur qui donne le moins de différence de flou (si le sujet la perçoit)
      - de tenir compte de la balance bioculaire sur la correction lunettes précédente.

  5. les lignes de lettres polarisées

  6.  

     

     

     

     

    Les projecteurs de tests disposent d’un test de lignes polarisées. Elles sont formées de lettres d’acuité variant en général entre 5/10 et 10/10 sur un fond blanc de lumière polarisée à 45° pour la ligne du haut et 135° pour la ligne du bas.
    Le sujet porte les sphères trouvées à la fin de l’examen monoculaire augmentées d’environ 0,50, son acuité est voisine de 8/10. On ajoute les filtres polarisants à 45° sur l’œil droit et 135° sur l’œil gauche. L’OD voit donc la ligne du haut et l’OG celle du bas. La dissociation est donc de nature sensorielle: les deux images rétiniennes sont différentes dans la zone centrale.
    Le déroulement du test est identique à ce que nous avons vu pour l’équilibre par la méthode de Von Graefe.
    Avantages:
    - environnement visuel moins perturbé (seule la vision centrale est dissociée),
    - méthode rapide si l’on travaille avec réfracteur et projecteur de test.
    Inconvénients:
    - n’est fiable que si les deux yeux ont des acuités sensiblement identiques.
    - les filtres diminuent la luminosité (perte de contraste et pupilles plus larges). Ce facteur peut être pénalisant dans le cas de personnes âgées.
    - moins pratique avec la lunette d’essai.

    Remarques en ce qui concerne le Polatest:

    • Les directions de polarisation sont 0 et 90° contrairement aux tests polarisés des projecteurs qui sont polarisés à 45° et 135°.
    • Le fond blanc n’est pas polarisé, ce sont les lettres qui le sont (elles apparaissent grises en l’absence de polariseur). Le contraste entre les lettres et le fond est donc maximum quand le polariseur placé devant l’œil est croisé avec la direction de polarisation du symbole.

  7. Occlusion alternee
  8. Même principe. On présente au sujet un tableau d’optotypes (5/10 à 10/10). On brouille sa vision à partir des compensations monoculaires d’environ 0,50 pour qu’il puisse lire une ligne 8/10. Certains optométristes préfèrent effectuer ce test sans brouillage préalable. La dissociation se fait alors par occlusion alternée. Même conduite du test.
    Avantages: - méthode la plus pratique avec la lunette d’essai.
    - Seule méthode utilisable en cas de vision simultanée fragile.
    Inconvénients:
    - difficulté pour certains sujets de faire la comparaison successive. Ils réussiront mieux ce test avec une comparaison simultanée (prismes, polariseurs).

  9. Les tests duochromes
    1. Description
    2.  

       

       

       

      Le test est constitué de 4 plages (2 rouges et 2 vertes) portant en leur centre deux anneaux noirs. Les deux plages du haut sont polarisées à 45°, les deux du bas à 135°.
      Ce test permet de réaliser à la fois l’équilibre bioculaire et l’ajustement accommodatif.

    3. Mode opératoire
    4. - Le test est projeté sur l’écran
      - On réduit l’éclairage de la pièce.
      - On brouille binoculairement de 0,50 à partir des sphères trouvées monoculairement et on place devant l’œil droit un polariseur à 45° et devant l’œil gauche un polariseur à 135° sauf pour le Polatest.
      - On demande au sujet de fixer son attention sur les deux carrés du haut vus par l’œil droit. On lui demande: " Les anneaux sont-ils plus nets ( plus distincts, plus noirs ) sur le fond rouge ou sur le fond vert ou y a-t-il égalité? "
      - la réponse habituelle est plus nette sur fond rouge. On diminue alors le convexe jusqu’à égalité.
      - si la réponse était plus nette sur fond vert, elle indiquerait une mauvaise détermination de la sphère monoculaire, il faut alors augmenter en convexe.
      - On demande alors au sujet de fixer son attention sur les deux carrés du bas et on suit la même procédure.

    5. Remarques
    6. Le duochrome marche en général bien si le test est bien administré. Il présente l’avantage de pouvoir être utilisé même si les acuités des deux yeux présentent des différences notables car il ne fait pas appel à la lecture de lettres. Il présente en outre l’avantage de réaliser simultanément l’ajustement accommodatif.
      Il faut se méfier avec les sujets jeunes (ou les myopes évolutifs) où l’accommodation est très active.
      Millodot a montré que l’aberration chromatique de l’œil diminuait nettement après 55 ans. De plus, avec l’âge, du fait de la diminution de la transparence du cristallin surtout pour les courtes longueurs d’onde, il y a transmission inégale du rouge et du vert. En conséquence, il est recommandé d’être très prudent dans l’interprétation des résultats au delà de 55 ans et le test est déconseillé avec les personnes âgées.

    7. Principe des tests bichrome
    8. Il est basé sur le chromatisme de l’œil. L’indice des milieux oculaires est supérieur dans les courtes longueurs d’ondes. La puissance de l’œil est donc plus grande en lumière bleu-vert qu’en lumière rouge. L’aberration chromatique de l’œil est de l’ordre de 1,00 d .

       

       

      La mise au point de notre œil se fait pour une longueur d’onde voisine du jaune. Les radiations rouges sont alors focalisées en arrière de la rétine et les radiations bleu-vert en avant.

       

       

      Quand la vision du sujet est brouillée, le sujet verra mieux sur fond rouge.
      On réalise deux ajustements accommodatifs celui de l’OD puis celui de l’OG, le couple oculaire étant en situation bioculaire. On vérifie ensuite car le fait d’insister sur une ligne peut modifier légèrement l’état accommodatif du sujet.

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