MOUVEMENTS OCULAIRES

 

 

1 - GEOMETRIE DES MOUVEMENTS DE L'OEIL

2 - PHYSIOLOGIE DES MOUVEMENTS OCULAIRES
            1 -
Positions de repos et de fixation
            2 - Analyse des mouvements oculaires
            3 - Mouvements oculaires volontaires
            4 -
Mouvements oculaires réflexes

Compléments concernant l'étude des mouvements oculaires

 

MECANISME MUSCULAIRE DES MOUVEMENTS OCULAIRES

 

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  1. PHYSIOLOGIE DES MOUVEMENTS OCULAIRES
  2. Les deux yeux ne forment en réalité qu'un seul organe, leur coordination est en général presque parfaite et les troubles d'origine oculomotrice proviendront d'un déséquilibre dans cette coordination. On ne peut donc avoir de mouvement monoculaire mais dans la pratique, il est intéressant d'étudier le mouvement d'un œil seul étant entendu que l'autre, masqué, effectue le même mouvement sans transmettre d'information visuelle.

    1. Positions de repos et de fixation:
    2. La position physiologique de repos est sans intérêt en pratique, c'est la position que prennent les yeux pendant un sommeil profond ou sous anesthésie (le tonus musculaire agit mais il n'y a aucun autre stimulus).

      La position dissociée ou position sans fusion est une position fondamentale pour étudier un déséquilibre oculomoteur. Tous les stimuli sont présents mais on a par un artifice supprimé le stimuli de fusion. Les moyens utilisés en diagnostic seront variés (masquage, baguette de Maddox, polaroïds, filtres rouge-vert....) pour obtenir cette position dissociée.

      La position de fixation ou position active est la position normale de vision quand les yeux regardent un objet. Tous les stimuli et en particulier celui de fusion agissent. Chez un sujet tout a fait "normal", le passage de la position de fixation à la position dissociée ne provoque aucun mouvement des globes oculaires.

      Parmi toutes les positions de fixation, un certain nombre ont reçu une dénomination puisqu'elles ont un intérêt diagnostic. La position primaire est la position occupée par les yeux, la tête étant verticale, lorsqu'ils regardent un point très éloigné, situé à leur hauteur dans leur plan médian. Dans cette position les axes visuels sont normalement parallèles. On définira les positions secondaires: regard en bas, en haut, à droite et à gauche et les positions tertiaires: en haut à droite, en haut à gauche, en bas à droite, en bas à gauche qui constituent les 8 positions diagnostiques.

    3. Analyse des mouvements oculaires:
    4.  

       

       

       

       

       

       

       

      Pour étudier les mouvements de rotation de l’œil autour de son centre C, il faut définir trois axes principaux de rotation. Ceux-ci seront fixés par rapport au plan de Listing (plan frontal passant par le centre de rotation du globe, le sujet regardant en position primaire).

      Les trois axes principaux de rotation sont donc:
      - xx': axe horizontal. Une rotation autour de cet axe se traduit par une élévation ou un abaissement de la pupille.
      - yy': axe vertical. Une rotation autour de cet axe se traduit par un déplacement de la pupille vers le nez (mouvement en dedans) ou vers la tempe (mouvement en dehors).
      - zz': axe antéro-postérieur perpendiculaire au plan de listing (confondu avec la ligne de visée). Une rotation autour de cet axe ne provoque pas de déplacement de la pupille mais un mouvement de torsion (l'extrémité supérieure du méridien vertical de la cornée tourne soit vers le nez - en dedans -, soit vers la tempe - en dehors -).

      La terminologie employée pour désigner les différents mouvements oculaires n'est pas vraiment standardisée. Nous allons utiliser la plus commune.

      Les mouvements oculaires sont toujours envisagés à partir de la position primaire (point de départ). Les mouvements monoculaires sont appelés ductions, les mouvements binoculaires seront nommés versions si les axes visuels restent parallèles et vergences s'ils ne le restent pas ( un mouvement binoculaire quelconque peut être considéré comme la superposition de ces deux types).

       

       

       

       

       

      1. Ductions (monoculaires)
      2. Rotation autour de l'axe vertical:
        - adduction si la pupille se déplace vers le nez,
        - abduction si elle se déplace vers la tempe.

        Rotation autour de l'axe horizontal:
        - supraduction ou élévation si elle se déplace vers le haut,
        - infraduction ou abaissement si elle se déplace vers le bas.

        Rotation autour de l'axe antéro-postérieur:
        - intorsion ou giration en dedans: le haut du méridien vertical de la cornée tourne vers le nez;
        - extorsion ou giration en dehors: le haut du méridien vertical de la cornée tourne vers la tempe.

      3. Versions (binoculaire)
      4. La terminologie n'est pas fixée. On se contentera de parler du regard:
        - en haut, en bas, à droite et à gauche pour les positions secondaires;
        - en haut à droite, en haut à gauche, en bas à droite et en bas à droite pour les positions tertiaires.

      5. Vergences (binoculaire)
      6. Ce sont les mouvements binoculaires qui entraînent une modification de l'angle formé par les deux axes visuels. Les deux principaux sont la convergence et la divergence. Dans la convergence, l'angle aigu formé par les deux axes visuels se croisant en avant des yeux devient de plus en plus grand, c'est le mouvement des yeux dans le passage de la vision de loin à la vision de près. La divergence est le mouvement inverse.
        On peut signaler aussi la divergence verticale (les axes ne restent pas dans le même plan) et la cyclovergence (les deux méridiens verticaux des cornées ne restent plus parallèles).

    5. Mouvements oculaires volontaires:
    6. Ils sont toujours binoculaires mais peuvent être conjugués ou disjoints.

      1. Mouvements volontaires conjugués:
      2. On peut choisir la direction des lignes de regard de façon volontaire en faisant tourner les globes autour des axes horizontal et/ou vertical. Par contre, la torsion (rotation autour de l'axe antéro-postérieur ne dépend pas de la volonté. L'amplitude minima de rotation est de l'ordre de 5' à 10' et l'amplitude maxima est celle du champ de regard.

        Le champ de regard est le champ délimité par les positions extrêmes prises dans toutes les directions par les axes visuels fixant un point dans un plan éloigné, la tête restant immobile. La connaissance de ce champ renseigne sur les capacités oculomotrices du sujet. Cet examen que l'on pratique sur chaque oeil se fait à l'aide d'un périmètre soit de façon objective en observant le reflet cornéen d'une source se déplaçant sur le périmètre, soit de façon subjective en demandant au sujet de lire des petites lettres (ne pouvant être vues que par la macula) que l'on déplace sur le périmètre.

        Tout ce champ est loin d'être utilisé en vision courante. Il est très rare que les mouvements oculaires dépassent 15°. Pour des mouvements plus amples, on déplace à la fois la tête et les yeux.

      3. Mouvements disjoints:
      4. Seule la convergence est un mouvement volontaire. Pour la divergence, il y a encore actuellement discussion pour savoir s'il s'agit d'une fonction active ou s'il s'agit uniquement d'un relâchement de la convergence.

        La convergence est nulle dans la vision à l'infini et atteint son maximum possible au "punctum proximum de convergence" (p.p.c.).

        Dans la vie courante, les mouvements conjugués et disjoints se combinent. Même pendant une fixation stable, on a pu montrer que les yeux effectuent des oscillations d'environ 1' et des mouvements brusques plus ou moins réguliers de 4' environ. Lors du passage d'un point de fixation à un autre, les yeux suivent une courbe irrégulière et dépassent le but légèrement, effectuant ensuite des oscillations de mise au point. Si vous observez un lecteur, vous remarquerez que le mouvement des yeux n'est pas régulier, il y a alternance de mouvements brusques et de périodes de fixation (10 fois plus longues que les durées des déplacements).

    7. Mouvements oculaires réflexes:
      1. Réflexes psycho-optiques:
      2. Ce sont les réflexes à long trajet (cortex occipital) qui nécessitent la conservation d'une vision suffisante. Ils ne sont pas stoppés par la volonté mais n'ont pas la rapidité des réflexes purs.

        Le réflexe de fixation permet la rotation rapide des yeux vers un point ayant créé un stimuli au niveau de la rétine périphérique (d'où l'expression "un objet attirant le regard"). On retrouve ce réflexe dans les différents réflexes suivants: le réflexe de poursuite (les yeux suivent un objet en mouvement), le réflexe conservatoire de fixation (la tête bouge mais les yeux conservent la fixation sur le même point) et le réflexe de convergence (la fixation est maintenue sur un point se rapprochant de l’œil).

        Le réflexe de fusion est capital car indispensable pour une vision binoculaire normale. Il permet l'ajustement des axes visuels de façon à ce que les images rétiniennes se forment toujours sur des points correspondants de la rétine.

      3. Les réflexes posturaux:
      4. Tout une série de réflexes influencent les mouvements oculaires. Les mieux étudiés sont ceux dont l'origine est dans le labyrinthe et les muscles du cou. Magnus classe ces réflexes en deux types: les réflexes statiques produits par la position de la tête et les réflexes statokinétiques produits par les mouvements de la tête (origine les labyrinthes).

        Chez l'homme un réflexe statique doit être connu, le réflexe de torsion des yeux lié à l'inclinaison de la tête sur une épaule. Si la tête est inclinée à droite, l’œil droit se met en intorsion et l’œil gauche en extorsion. Cette position de la tête, chez un patient, traduit un déséquilibre qu'il a tenté de compenser de cette façon.

         

 

 

 

 

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